Article paru le 27 mars 2004 dans http://www.courant-d-idees.com

Ecole vaudoise loin d'être idéale
Carine Ilegems
Ecole VD 1

Mercredi 24 mars était une date butoir pour les adultes intéressés au système d'évaluation en vigueur dans les écoles vaudoises, autrement dit des parents, des enseignants, des politiques. C'était le délai accordé par le Département de la formation et de la jeunesse, pour le dépôt de toute critique à sa première mouture de contre-projet à l'initiative populaire qui prévoit le retour des notes traditionnelles à l'école. Cette initiative des libéraux doit être soumise à votation en novembre 2004.

Cette occasion semblait bonne de donner son avis, et d'être écouté. D'autant plus que cela correspondait à la fin d'un long processus de consultation, sous forme d'un forum public en trois samedis, organisé à Montreux de novembre à mars.

Mais il n'est pas si facile de formuler un avis cohérent. Comment juger en effet du bien ou du mal fondé de systèmes d'évaluation qui changent tous les ans depuis 1998? Comment avoir le recul nécessaire pour parler du processus de suppression des notes, alors que chaque année des mesures sont prises qui constituent autant de pas en arrière? Le moment de se prononcer survient alors que nous sommes à peine en train de constater les failles des nouvelles conditions de promotions, instaurées en septembre 2003. En ces derniers jours de mars, fin de la seconde période, nous remarquons que le système actuel risque de faire perdre à un grand nombre d'élèves leur motivation à travailler jusqu'en juin, puisque pour les uns, le certificat est acquis même s'ils échouent partout, et pour les autres, le même certificat est presque hors de portée, car ils doivent obtenir des notes qu'ils n'ont jamais eues jusqu'à présent...

Mais tout cela n'est que craintes d'enseignants: il faudrait attendre juillet pour en parler, une fois l'année scolaire écoulée. Heureusement, la consultation porte aussi sur d'autres questions: la suppression des bulletins d'informations périodiques (les anciens bulletins semestriels), la mention systématique des objectifs d'apprentissage, la généralisation des épreuves cantonales de référence, actuellement en vigueur en 5-6e, mais contestées par ceux qui ont eu à les appliquer. Sur ces points-là, puissent les voeux des enseignants, auxquels on pourrait accorder le bénéfice du bon sens et de l'expérience, puissent ces voeux être entendus.

Car au vu des nouvelles contraintes faites aux enseignants, en dépit de nombreuses bonnes volontés, il y a de quoi décourager les nouvelles vocations. L'école idéale reste un rêve, mais au moins aimerait-on espérer que soient fournis   les moyens financiers d'y travailler, plutôt que de se débattre sans cesse dans des coupes budgétaires qui compliquent le travail et alourdissent la tâche de jour en jour.

carine.ilegems@courant-d-idees.com